CANADIAN JOURNAL OF FILM STUDIES /

REVUE CANADIENNE D'ÉTUDES CINÉMATOGRAPHIQUES

 

Volume 8, No. 2 Abstracts / Résumés


André Loiselle, "Despair as Empowerment: Melodrama and Counter-Cinema in Ann Claire Poirier's Mourir à tue-tête"

At the time of its release in 1979, Anne Claire Poirier's Mourir à tue-tête raised a storm of debate. Audiences either applauded it for daring to deal frankly with the question of violence against women, or attacked it vehemently for its use of stereotypes and obscenity. Such polarized responses might have stemmed from the fact that the film unfolds along a dual trajectory which allows for both a discourse of empowerment and a narrative of emotional entropy. As this article suggests, the film utilizes the seemingly paradoxical modes of address of melodrama and counter-cinema to create narrative intransitivity and ideological disclosure at the same time as it incites strong affective reactions.

 

Lors de sa sortie en 1979, Mourir à tue-tête d'Anne Claire Poirier a déclenché une polémique orageuse. Les uns ont applaudi l'audace de cette condamnation sans compromis de la violence faite aux femmes, alors que les autres ont critiqué Poirier pour avoir eu recours à des stéréotypes et avoir versé dans l'obscénité. Ces réactions polarisées découlèrent peut-être du fait que le film suit deux trajectoires distinctes, qui permettent à la fois un discours de prise de pouvoir féministe et une expérience d'entropie affective. Comme cet article le suggère, le film utilise les modes d'expression apparemment paradoxaux du mélodrame et du contre-cinéma pour créer une problèmatique intellectuelle, idéoligique et narrative, tout en faisant appel aux émotions des spectateurs.

 

 

Patrice Petro, "Film Fiminism and Nostalgia for the Seventies" (The Martin Walsh Memorial Lecture 1999)

This essay reflects on recent lectures and writings by feminist film theorists and critics, who have expressed what seems to be an overriding nostalgia for what is now called "seventies film theory." In an effort to complicate wht we might think of as "nostalgia" and "seventies film theory," the author attempts to rethink what feminist film theory was and what it seems to be now, in an effort to recall its past and redeem its unrealized promises.

 

Ce texte se questionne sur de récents écrits et exposés à travers lesquels des critiques et théoriciennes féministes expriment ce qui semble être de la nostalgie pour la théorie des années 70. De faon à complexifier les notions de "nostalgie" et de "théorie des années 70", l'auteure repense la théorie cinématographique féministe, ce qu'elle était et ce qu'elle est devenue, afin d'évaluer son passé et de compenser pour les promesses qu'elle n'a pas tenues.

 

 

Darrell Varga, "Desire in Bondage: Guy Maddin's Careful"

This article provides a reading of Guy Maddin's Careful through the play of Nietzsche's understanding of art as produced in the tension of the Apollonian and Dionysian, drawing on The Birth of Tragedy and secondary interpretations, and articulating contemporary philosophical concerns for the uncanny and the sublime so to understand the work of art as object of uncontrollable excess. Guy Maddin's films express a counterpoint to the social realism and narrative coherence informing much of Canadian cinema and criticism.

 

Cet article offre une lecture du film Careful de Guy Maddin à la lumière de la théorie nietzschéenne de l'art comme produit de la tension entre Apollon et Dionysos. Se basant sur La Naissance de la tragédie et certains de ses dérivés, cette analyse propose un questionnement philosophique contemporain sur l'étrangeté et le sublime pour comprendre l'art comme objet d'excès incontr™lable, et le cinéma de Maddin comme alternative à la cohérence narrative du réalisme social qui caractérise le cinéma canadien et sa critique.

 

 

Bruce Williams, "Deformity at the Threshold of the Visible in Bemberg's I Don't Want to Talk About It"

In María Luisa Bemberg's I Don't Want to Talk About It, deformity and the carnivalesque converge, offering a sensitive, politically-enabling portrayal of otherness. Its intersection of gaze dynamics and an affirming inscription of deformity exposes the inadequacies inherent in traditional taxonomies of the grotesque. The film invites the viewer to relativize notions of difference and seek alternative paradigms for relating to deformity, which are not predicated upon the confines of self-sameness or the essentialized ideal.

 

Dans le film I Don't Want to Talk About It, de María Luisa Bemberg, la difformité et le carnavalesque converge pour offrir un portrait de l'Autre qui est à la fois sensible et potentiellement habilitant au niveau politique. A l'intersection des dynamiques du regard et de l'inscription de la difformité, le film dénonce les insuffisances inhérentes aux taxonomies traditionnelles du grotesque. Le film invite le spectateur à relativiser la notion de différence et à chercher de nouveaux paradigmes reliés à la difformité qui ne se limitent pas aux idées d'homogénéité et d'idéal essentialiste.