CANADIAN JOURNAL OF FILM STUDIES /

REVUE CANADIENNE D'ÉTUDES CINÉMATOGRAPHIQUES

 

Volume 10, No. 2 Abstracts / Résumés


Brenda Longfellow, The Red Violin, Commodity Fetishism, and Globalization

This essay looks at how Fran_ois Girard's The Red Violin embodies the ideological assumptions concerning a national cinema that were articulated in the January 1999 report of the Federal Advisory Committee on Feature Film Policy. Both were generated in an ideological climate re-ordered by the exigencies of globalization. The report's fetishization of big budgets, export markets and international co-productions constitute a crucial background to considering the socio-economic, aesthetic and textual effects of The Red Violin, particularly as the film is consistently presented as a new model of Canadian feature film production.

 

Cet article suggère que le film Le Violon rouge de François Girard incarne un certain idéal du cinéma national tel que formulé en janvier 1999 dans le Rapport du comité consultatif fédéral sur le long métrage. L'idéologie de la mondialisation a été déterminante à la fois dans la production du film et la rédaction du Rapport. Le Rapport érige en véritable fétiche la co-production à gros budget visant le marché international. C'est à la lumière de ce parti pris idéologique que l'auteur évalue les effets socio-économiques, esthétiques et textuels de ce film qui est constamment cité comme nouveau modèle du cinéma canadien.

 

 

David McIntosh, Vanishing Point: Proliferations, Purifications and the Convergence of Canadian and Mexican National Cinemas

Ongoing mega-media mergers and proliferating international summits underscore the intensification of rules-based international trade law and multinational corporate monopoly. The author examines these tendencies in Canadian and Mexican film cultures since the 1989 implementation of the FTA-NAFTA continental economic constitution, and shows how the accommodation of NAFTA trade and investment law directly undermined the Mexican film industry and caused significant shifts in state cultural policies and corporate organization in Canada. Drawing upon the work of Bruno Latour, the author demonstrates how the fates of Canadian and Mexican film culture under FTA-NAFTA converge and diverge.

 

Les fusionnements de grandes firmes multinationales et la prolifération des sommets sur la mondialisation traduisent l'intensification du monopole corporatif et du droit commercial international. L'auteur analyse ces tendances dans les contextes canadien et mexicain depuis les débuts de l'Accord de libre-échange en 1989 puis de l'ALÉNA en 1994, pour démontrer que les ententes commerciales ont ébranlé l'industrie cinématographique mexicaine et transformé profondément les politiques culturelles et l'industrie du film au Canada. À la lumière des recherches de Bruno Latour, l'auteur explique que les destins respectifs des cinémas canadiens et mexicains sous l'ALÉNA convergent autant qu'ils divergent.

 

 

Janine Marchessault, Sympathetic Understanding: Tu as crié Let Me Go

As a creative documentary about the process of mourning, Ann Claire Poirier's film about the murder of her daughter, a heroin addict and a prostitute, uses emotion and sympathy to create a political awareness regarding the war on drugs. The author analyzes the film in terms of the theory of moral sentiment, and argues that sympathetic engagement with the suffering of others, something Poirier has done in all of her films, can lead to a critical judgement and political awareness.

 

Ce documentaire sur le deuil d'Anne Claire Poirier, qui retrace les événements qui ont mené à la mort de sa fille droguée et prostituée, utilise l'émotion et la compassion pour encourager une prise de conscience politique face au problème de la drogue. L'auteur analyse le film à partir de la théorie du sentiment moral et suggère que l'engagement par la compassion devant la douleur des autres--une stratégie employée par Poirier dans tous ses films--peut mener à une prise de position critique et politique.

 

 

John McCullough, The Exile of Professionals: John Glenn, Planet of the Apes and 2001: A Space Odyssey

When John Glenn reappeared in 1998 he seemed to be an emblem of elite professionalism which was being used to advance the ideology of progress typically associated with Western science and technologism. But Glenn's astronaut-as-character strides in the shadow of a complex history of workplace rationalization experienced as a loss of autonomy, hyper-conformism, generalized indifference and disempowerment, which make professional space and identity a thoroughly contradicted ideological field. Against a backdrop of Hollywood's role in the advancement of space travel, this essay considers the work, space and status of professionals in contemporary society and concentrates on the roles of nationalism, class, gender and race within the project of space science.

 

Lors de son retour sur la scène astronautique en 1998, John Glenn apparaissait comme l'incarnation de l'èlite professionnelle porteuse de l'idéologie progressiste des sciences et technologies occidentales. Mais Glenn, le personnage-astronaute, évolue à l'intérieur d'une histoire de rationalisation du lieu de travail qui se ressent comme une perte d'autonomie, un désoeuvrement, un hyper-conformisme et une indifférence généralisée. Cela crée des contradictions idéologiques à l'intérieur de l'espace identitaire professionnel. Cet article met en parallèle le rôle que joue Hollywood dans la promotion du voyage spatial et l'espace, le statut et le travail professionnels dans la société contemporaine. L'auteur traite des questions de classes, de nations, de races et d'identités sexuelles à l'intérieur du projet de la conquête scientifique de l'espace.

 

 

Darrell Varga, Panic Bodies and the Performance of Space

Through a close reading of Mike Hoolboom's experimental feature Panic Bodies, this paper discusses the cinematic representation of the social construction of space. Its argument is made against prevailing assumptions within Canadian national cultural criticism which assume a determining relationship between identity and the nation-state. The spatial theory of Henri Lefebvre is deployed to understand first, how the borders of a given space are socially constructed and always subject to contestation, and second, how the work of art provides a means to experience space outside of the prescribed limits of state authority. The spatialization of cinematic experience is elaborated in dialectical relation to Gilles Deleuze's concept of the time-image as rupture of linearity and the containment of difference.

 

Par une lecture approfondie du film expérimental Panic Bodies de Mike Hoolboom, cet article étudie la représentation cinématographique de l'espace en tant que construction sociale. L'auteur s'oppose à la théorie culturelle canadienne qui suppose un lien déterminant entre l'identité et l'État national. L'auteur utilise plutôt la théorie de l'espace d'Henri Lefebvre pour démontrer, d'une part, que les frontières d'un espace donné sont imposées par la société et peuvent donc être contestées et, d'autre part, que l'art permet de faire l'expérience d'un espace qui n'est pas prescrit par la raison d'état. La mise en espace de l'expérience cinématographique s'élabore en relation dialectique avec le concept de l'image-temps qui selon Deleuze rompt la linéarité et l'endiguement de la différence.

 

 

Thomas Waugh, Fairy Tales of Two Cities, or Queer Nation(s)/Urban Cinema(s)

This article examines four gay-authored feature films from the edges of the canons of Canadian/Québec cinemas: À tout prendre, Winter Kept Us Warm, Il était une fois dans l'Est, and Outrageous!. Two are from Toronto and two from Montreal; two were produced prior to, and two after, the chronological divide of 1968/69. These pioneering gay and proto-gay films and their queer critical receptions are analysed through the grids of cinema/culture, sex/gender and habitation/nation. They are situated less as national texts than as urban texts arising from the cinematic, sexual and spatial configurations of Canada's two modernizing metropoles, which served as their crucibles.

 

Cet article examine quatre films d'auteurs gais qui se situent en marge des canons du cinéma au Canada et au Québec : À tout prendre, Winter Kept Us Warm, Il était une fois dans l'Est et Outrageous!. Deux de ces films sont de Toronto, deux de Montréal; deux furent produits avant la date charnière 1968/1969, deux après. L'auteur analyse ces oeuvres pionnières du cinéma gai et leurs réceptions par l'intermédiaire des grilles cinéma/culture, sexualité/genre, habitat/nation. Ce sont moins des textes nationaux que des textes urbains qui émergent des configurations cinématographiques, sexuelles et spatiales des deux métropoles qui ont présidé à l'émergence de la modernité et qui furent les creusets de ces quatre films.