CANADIAN JOURNAL OF FILM STUDIES /

REVUE CANADIENNE D'ÉTUDES CINÉMATOGRAPHIQUES

 

Volume 13, No. 1 Abstracts / Résumés


Miriam Brau Hansen, Room-For-Play: Benjamin’s Gamble with Cinema

In the original version of his essay "The Work of Art in the Age of Its Technological Reproducibility" (1936), Walter Benjamin observes that the decay of aura, or semblance (Schein), in art is matched by a huge increase of room-for-play (Spielraum), especially in and thanks to film. This essay traces the multiple meanings of the German term Spiel in Benjamin's work--children's play, toys and games, acting and performance, gambling--and elaborates his notion of film as play in relation to his anthropological-materialist theory of technology; hence the at once aesthetic and political significance of cinema as a "playform of second nature."

 

Dans la premičre version de son article « L’œuvre d’art ą l’époque de sa reproduction mécanisée » (1936), Walter Benjamin note que l’anéantissement de l’aura ou apparence (Schein) dans l’art s’accompagne d’une augmentation énorme de « l’espace de jeu » (Spielraum) surtout, et grāce, au cinéma. Cet article examine les nombreuses connotations du terme allemand Spiel chez Benjamin--le jeu d’enfant, le jeu de l’acteur, le jeu de hasard--et étudie sa notion du cinéma comme jeu en relation avec sa théorie anthropologique-matérialiste de la technologie. De lą découle l’importance ą la fois esthétique et politique du cinéma en tant que forme de jeu de « seconde nature » .

 

 

Jim Ellis, Sound, Space and Selfhood: Stereoscopic Apprehension in The Paradise Institute

 Janet Cardiff and George Bures Miller’s cinematic installation, The Paradise Institute, which was the Canadian entry in the 2001 Venice Biennale, consists of a tiny theatre in which the viewer watches a fourteen minute fragment of a European thriller. On headphones, the viewer hears not only the film sound track but also recorded sounds of audience members that are reproduced through a binaural recording process that makes them seem to be in the same theatre. As the film goes on, the line between spectator and film becomes blurred as viewers get caught up in a parallel film noir plot. The installation makes visible certain key aspects of the cinematic experience: the relation between sound and space, the way conditions of exhibition shape the experience of the film, and the interaction between private fantasy and on-screen narrative in the process of identification.

L’installation cinématographique The Paradise Institute de Janet Cardiff et George Bures Miller, représentant le Canada ą la biennale de Venise en 2001, consiste en un tout petit théātre dans lequel le spectateur regarde un fragment de quatorze minutes d’un film ą suspense européen. Par ses écouteurs, le spectateur entend ą la fois la bande sonore du film et le son d’autres spectateurs, reproduit par enregistrement binaural, qui suggčre leur présence dans le théātre. La démarcation entre le film et le spectateur disparaīt ą mesure que ce dernier devient impliqué dans un film noir parallčle. L’installation met en évidence certains aspects importants de l’expérience cinématographique, comme les rapports entre le son et l’espace, l’influence du lieu de projection sur la perception du spectateur et l’interaction entre le phantasme privé et la narration du film dans le processus d’identification.

 

Angeliki Koukoutsaki-Monnier, Zoos humains et mises en scčne de l’altérité ethnique: My Big Fat Greek Wedding

 Cet article propose une lecture du film My Big Fat Greek Wedding sous l’angle du concept des zoos humains, exhibitions des populations « exotiques » et « sauvages », qui ont marqué le passage du XIX au XX sičcle en forgeant la notion de la « différence » de la civilisation occidentale et en consolidant l’idée de la « supériorité » raciale et culturelle de celle-ci. L’objectif est de montrer comment la narration se fonde sur les principes du zoo humain, ą savoir la mise en spectacle de la différence ą travers le recours ą des stéréotypes, ą la recherche d’un effet ludique. Sont également examinés les dispositifs cinématographiques mis en œuvre pour mettre le spectateur en situation d’observation, ainsi que les promesses et les limites de ce discours sur la différence, discours dont les incidences idéologiques sont ą prendre en considération.

 

This article interprets My Big Fat Greek Wedding as an instance of the “Human Zoo,” that is, the type of display of “exotic” and “wild” peoples that marked the passage from the 19th to 20th century and proceeded to construct the notion of a difference between the West and its “other,” establishing the racial and cultural superiority of the former. The purpose of the article is to show how the film’s narrative structure follows the principles of the Human Zoo, by using humorous stereotypes to signify difference. Furthermore, the paper analyzes the filmic devices used to place the spectator in the position of an observer, while exposing the limits of this ideological discourse which promises to assert difference.

 

Jen Webb and Tony Schirato, Disenchantment and The City of Lost Children

 Jean-Pierre Jeunet and Marc Caro’s The City of Lost Children explores the space between childhood as children experience it and the dream of childhood that resonates in the cultural imaginary. Drawing upon Arjun Appadurai’s work on commoditisation (here, the commoditisation of childhood), the authors show how the film addresses--with fantastical imagery yet serious intent--the loss (or, rather, the absence) of innocence and enchantment that necessarily obtains in a capitalist world, and the tactics deployed by children to survive and make survival meaningful to themselves.

 

La Cité des enfants perdus de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro s’interroge sur l’écart qui sépare l’enfance, telle que vécue par les enfants, et le rźve de l’enfance, tel que conēu par l’imaginaire culturel. Ą partir des travaux d’Arjun Appadurai sur la marchandisation (des enfants), les auteurs montrent comment le film examine, par des images fantastiques mais avec beaucoup de sérieux, la perte (ou l’absence) de l’innocence et de l’enchantement, inévitable dans un monde capitaliste, et investigue les tactiques que les enfants emploient pour assurer leur propre survie et donner un sens ą cette survie.

 


Brenda Longfellow, Counter-Narratives, Class Politics and Metropolitan Dystopias: Representations of Globalization in Maelström, waydowntown and La Moitié gauche du frigo

 With principal attention given to Maelstöm, the author shows how three Canadian films take up issues arising from the everyday metropolitan experience of globalization in order to re-imagine the city in relation to global flows of capital and architectural traditions. In these films, the city has become a dystopian site of anonymity and redundant functionalism; its occupants almost uniformly ethnically homogenous (white); its major protagonists proletarianized white collar workers in their twenties or early thirties; its emotional texture one of a generalized melancholia explicitly tied to corporate capital’s impact on all aspects of life.

 

En portant une attention particuličre ą Maelström, l’auteure considčre trois films canadiens qui abordent la problématique de l’expérience métropolitaine de la mondialisation pour ré-imaginer la ville en termes de traditions architecturales et du libre mouvement des capitaux. Dans ces œuvres, la ville devient une dystopie de fonctionnalisme redondant et anonyme. Ses habitants appartiennent ą une ethnie uniforme, homogčne, blanche, tous des col-blancs prolétarisés dans la vingtaine ou début de la trentaine. Sa texture émotive est une mélancolie généralisée explicitement issue de l’impacte du capital sur la vie de tous les jours.